Veille RH

#25 Le congé sabbatique : l’unique solution pour prendre de la distance avec son emploi ?

[Merci Andrea Piacquadio (Pexels) pour la photo d’illustration]

Bien le bonjour à toi qui cherches un emploi !

Que conseillerais-tu à un·e ami·e qui souhaiterait faire une pause dans son emploi ?

Alors, oui, je sais, tu t’apprêtes à me rappeler que ce blog est principalement destiné aux personnes à la recherche d’un emploi 🙈. Cependant, ne penses-tu pas que les salariés mériteraient également mon attention, lol ? Et après-tout, tu seras bientôt salarié·e toi aussi ! Cet article pourrait donc t’être utile un jour ou l’autre 😉.

Plus sérieusement, il y a deux semaines, une amie (chut, elle préfère rester anonyme) m’a demandée si à travers mon blog j’abordais également des sujets destinés aux salariés, comme le bien-être au travail par exemple. Je lui avais répondue, que j’accordais plus d’attention aux personnes à la recherche d’un emploi, pour le moment (vous voyez comme je vous aime lol), mais que je n’excluais pas de faire de la veille RH.

En réalité, elle était curieuse de connaître les alternatives au congé sabbatique, pour les salariés souhaitant faire un break dans leur emploi. 

En toute franchise, je ne m’étais ja-mais posé cette question, mais j’ai trouvé le sujet intéressant et je n’ai pas hésité à y consacrer un article…plus vite que prévu. 

Alors, bien le bonjour à toi cher·ère salarié·e !

Es-tu prêt·e à faire une pause longue durée ?

COMMENT FONCTIONNE LE CONGÉ SABBATIQUE ?

Certains salariés du secteur privé utilisent le congé sabbatique (ou le congé sympathique, comme j’aime le nommer lol) pour convenance personnelle

  • faire le point sur leur carrière ;
  • partir à la découverte d’un nouveau pays, d’une autre culture ;
  • se consacrer à l’écriture d’un livre ;
  • entreprendre ;
  • faire du bénévolat ;
  • vagabonder en effectuant de petits boulots, à gauche, à droite (attention, il n’y a pas de sous-métier hein) ;
  • prévenir un burn-out (triste mais vrai).

Ça leur permet de quitter leur poste temporairement, sans démissionner

J’aime mieux te prévenir tout de suite, le congé sabbatique est soumis à certaines conditions :

  • tu dois avoir au moins 6 ans d’expérience professionnelle, dont au moins 3 ans d’ancienneté dans la même entreprise (sauf, accord spécifique) ;
  • ton congé sabbatique ne pourra pas dépasser les 11 mois (sa durée varie de 6 mois à 11 mois) ;
  • tu ne pourras pas conserver tes revenus, puisque ton contrat de travail sera suspendu ;
  • tu peux utiliser tes congés payés pour “financer” une partie de ton congé sabbatique. Cela limitera la perte de revenu ;
  • la loi t’autorise à exercer une activité professionnelle pendant ton congé sabbatique, à condition de respecter la règle de non-concurrence à l’égard de ton employeur ;
  • ton employeur peut rejeter ta demande de congé sabbatique (fréquent dans les entreprises de moins de 200 salariés). Cependant, il devra impérativement t’expliquer les motifs de son refus à l’écrit ;
  • ton employeur peut également reporter ton départ en congé sabbatique jusqu’à 9 mois maximum ;
  • à l’issue de ton congé sabbatique, tu pourras retrouver ton poste ou à défaut, un poste équivalent au sein de ton entreprise (Ex : si le poste n’existe plus). Rassure-toi, ta rémunération restera identique.

QUELQUES ALTERNATIVES AU CONGÉ SABBATIQUE

Tu as peur d’être à court d’argent pendant ton congé sabbatique ? Tu ne remplis pas les conditions d’ancienneté ? Ou encore, ton employeur a rejeté ta demande ? Pas de panique ! Tu peux te retourner vers une de ces solutions alternatives !

Projet de transition professionnelle (il remplace le CIF : congé individuel de formation) 

  • ce dispositif t’aidera à financer une formation certifiante, seulement si tu envisages de changer de métier ou de secteur d‘activité ;
  • tu dois pouvoir justifier d’une expérience professionnelle de 2 ans (24 mois) consécutifs ou non, dont 1 an dans ton entreprise actuelle (aucune ancienneté, à justifier, si tu es en situation de handicap) ;
  • tu disposeras également d’un droit à congé et du maintien de ta rémunération (variable selon le salaire de référence) pendant toute la durée de ta formation ;
  • si ta formation est supérieure à 6 mois, préviens ton employeur par courrier, au moins 4 mois avant le début de ta formation ;
  • ton employeur pourra refuser ta demande (en t’expliquant les motifs de son refus) ou te proposer de reporter ton départ en formation.

Congé pour création d’entreprise 

  • tu pourras concrétiser ce projet de création d’entreprise qui te trotte dans la tête depuis un certain moment ;
  • ce congé peut s’effectuer à temps plein ou à temps partiel ;
  • sa durée maximale est d’un an (renouvelable une fois) ;
  • tu resteras dans les effectifs de l’entreprise (comme le congé sabbatique) ;
  • tu ne percevras aucun salaire et ne pourras pas non plus, bénéficier du chômage ;
  • assure-toi d’avoir 2 ans d’ancienneté (consécutifs ou non) dans ton entreprise avant de présenter ta demande auprès de ton employeur, avant la date de départ envisagée.

Congés sans solde

  • le congé sans solde n’est pas encadré par le droit du travail ;
  • si la convention collective à laquelle est soumise ton entreprise, autorise le congé sans solde, tu peux en faire la demande ;
  • il est plus flexible que le congé sabbatique ;
  • pense à prévenir ton employeur suffisamment tôt, afin que vous puissiez vous mettre d‘accord sur les modalités de ton congé son solde (période, durée, etc.) ;
  • tu n’es pas obligé·e d’expliquer les raisons de ton choix, mais le congé sans solde est soumis à l’appréciation de l’employeur (donc parles-lui-en un tout petit peu) ;
  • comme son nom l’indique, tu ne percevras pas de salaire.

Passage à temps partiel 

  • tu peux également solliciter auprès de ton employeur un passage à temps partiel ;
  • discutes-en avec ton N+1 afin de préparer le terrain et d’évoquer les éventuelles modalités liées à ton passage à temps partiel ;
  • adresse ta demande par courrier au service RH au moins 6 mois avant la date prévue de passage à temps partiel ;
  • même si tu passes à temps partiel, tu conserveras les mêmes droits que lorsque tu étais  à temps plein ;
  • la loi t’autorise à cumuler plusieurs emplois, à condition de respecter l’obligation de loyauté envers ton employeur et si aucune clause dans ton contrat de travail te l’interdit.

Pour la petite histoire, une personne de mon entourage est récemment passée à temps partiel et elle adoooore ! Grâce à cette nouvelle dynamique, elle consacre plus de temps à sa passion et à d’autres activités pour lesquelles elle propose ses services (sans porter préjudice à son employeur). Elle est libre et plus épanouie. De plus, le passage à temps partiel n’est pas définitif, elle pourra toujours négocier avec son employeur pour repasser à temps plein.

Rupture conventionnelle 

  • la meilleure option si tu souhaites bénéficier de ton droit au chômage (uniquement si tu restes en France) ;
  • elle doit obligatoirement se faire d’un commun accord entre ton employeur et toi ; 
  • tu n’es pas obligé·e de fournir un motif à ton employeur ;
  • il y a une procédure un peu longue à respecter (entre 1 et 2 mois), avant de signer la rupture conventionnelle ;
  • tu percevras des indemnités (indemnité compensatrice de CP, indemnité de rupture conventionnelle).

 ABORDER LE SUJET AVEC SON EMPLOYEUR SEREINEMENT

Merci Giphy pour ce gif épique !

Il n’est pas toujours évident de parler de la nécessité de suspendre temporairement son contrat de travail avec son employeur. Tu n’as sans doute pas envie de rentrer dans les détails personnels de ta vie privée (ça s’entend !), ni de te heurter à un refus catégorique. Pourtant, il va bien falloir mettre les pieds dans le plat. Alors, si tu appréhendes d’en parler de vive voix avec lui, tu peux en parler à une personne digne de confiance, comme un représentant du personnel (il devra respecter son devoir de confidentialité). Il saura t’écouter et pourra t’apporter des conseils utiles en fonction de ta situation. Ensuite, il sera beaucoup plus facile d’exposer ton projet de break à ton employeur et les raisons qui ont motivé ta décision. 

Je pense qu’il est important d’en parler de vive voix avant d’entamer la procédure officielle, pour que ton employeur soit plus à même d’accepter ta demande. 

En revanche, si ton employeur est un tyran, tu peux solliciter la présence d’un représentant du personnel lors de votre entretien (en ayant prévenu ton employeur au préalable et avec son accord), ce dernier ne prendra pas part à la discussion, mais t’apportera un soutien moral. Ou alors, adresse directement ta demande par courrier dans le respect de la procédure, si tu ne souhaites vraiment pas en discuter avec lui, de vive voix.

Ce premier article, destiné aux salariés, touche à sa fin. Je tiens donc à remercier mon amie anonyme pour cette bonne idée d‘article 👐 ! J’ai pris beaucoup de plaisir à le rédiger.  J’espère également qu’elle trouvera suffisamment d’éléments dans cet article, qui lui permettront de prendre la meilleure décision pour sa situation. Croisons les doigts pour elle 🤞!

Si tu souhaites réagir, ça se passe tout en bas 😜 !

2 réflexions au sujet de “#25 Le congé sabbatique : l’unique solution pour prendre de la distance avec son emploi ?”

    1. Merci Sandgidemad pour ton commentaire 😉! C’est vrai qu’on ne connaît pas toujours toutes les options qui s’offrent à nous quand on souhaite prendre du recul avec son boulot…et pourtant le choix est vaste !

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s